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Viré puis renommé : Trump remet FEMA aux mains de l'homme qu'il avait licencié, Cameron Hamilton

Trump nomme Cameron Hamilton pour diriger la FEMA, plus d'un an après l'avoir licencié. Retour sur ce revirement surprenant, ses implications et ce qu'il faut surveiller.

Viré puis renommé : Trump remet FEMA aux mains de l'homme qu'il avait licencié, Cameron Hamilton

La politique a une drôle de façon d'écrire ses propres chutes. Un peu plus d'un an après avoir été mis à la porte de la FEMA, Cameron Hamilton s'est vu inviter à y revenir, cette fois avec une nomination présidentielle dans sa poche.

Le coup de théâtre que personne n'avait prévu

Le 11 mai 2026, Donald Trump a nommé Hamilton, l'ancien Navy SEAL qui avait brièvement dirigé l'Agence fédérale de gestion des urgences à titre intérimaire, pour en prendre la tête de façon officielle. Le détail qui fait tiquer ? Trump l'avait justement licencié de ce même poste intérimaire le 8 mai 2025, un jour après qu'Hamilton avait déclaré devant une sous-commission des crédits de la Chambre que la FEMA, selon lui, ne devrait pas être supprimée.

Si vous vous demandez si quelqu'un à Washington garde des preuves de tout, la réponse est oui. Tout le monde.

Mais qui est exactement Cameron Hamilton ?

Hamilton n'est pas un habituel des couloirs du pouvoir washingtonien. Il a passé environ une décennie comme Navy SEAL au sein de la SEAL Team Eight, s'est formé comme infirmier de combat de la Marine, et a ensuite occupé des postes dans la gestion de crises au Département d'État avant de devenir directeur des services médicaux d'urgence au Département de la Sécurité intérieure. De janvier à mai 2025, il était administrateur intérimaire de la FEMA.

C'est un CV qui en impose. Mais qu'il coche toutes les cases légales pour le poste, c'est une autre affaire.

Les petits caractères gênants

En vertu du droit fédéral, et plus précisément du Post-Katrina Emergency Management Reform Act, l'administrateur de la FEMA est censé justifier d'au moins cinq ans d'expérience en direction exécutive et en gestion. Le parcours d'Hamilton est impressionnant sur le papier, mais ses années d'encadrement exécutif sont sans doute plus limitées que ce que prévoit la loi. Les sénateurs amateurs de coup de théâtre ne manqueront pas de brandir cette page lors des auditions de confirmation.

C'est le genre de détail qui peut provoquer un bras de fer ou être poliment ignoré. Difficile à dire, au vu de l'ambiance actuelle.

Pourquoi Trump a changé son fusil d'épaule sur la FEMA

Pendant des mois, l'administration semblait vouloir démanteler la FEMA purement et simplement. Et voilà qu'elle nomme un dirigeant permanent. Ce n'est pas un léger virage, c'est un demi-tour sur les chapeaux de roue.

Ce changement de cap coïncide avec les recommandations publiées le 8 mai 2026 par le Conseil d'examen de la FEMA mis en place par Trump lui-même, qui préconisait des réformes profondes plutôt que la suppression. Beaucoup de ces changements nécessiteraient que le Congrès adopte effectivement quelque chose, ce qui relève d'un optimisme tout particulier. Quoi qu'il en soit, le message est clair : la FEMA reste, et il faut quelqu'un pour la diriger.

Les séquelles du premier passage d'Hamilton

Le mandat intérimaire d'Hamilton n'a pas été exactement une mise en jambes tranquille. Plusieurs décisions prises sous sa gouverne continuent de faire grincer des dents au sein de l'agence.

  • Le démarchage porte-à-porte des sinistrés a été suspendu, une mesure qui a frustré les agents de terrain.
  • Un programme de subventions à la résilience de plusieurs milliards a été annulé, puis, selon les informations disponibles, rétabli par un tribunal fédéral.
  • Le DOGE, l'organisme chargé de réduire les coûts, a obtenu l'accès aux réseaux internes de la FEMA contenant des informations personnelles sur les sinistrés, ce qui est le genre de phrase qui donne aux spécialistes de la protection des données l'envie de se préparer un café bien serré.
  • Hamilton aurait été soumis à un détecteur de mensonges par le DHS dans le cadre d'une enquête sur des fuites présumées, ce qui constitue une étape de carrière tout à fait dans l'air du temps.

Rien de tout cela n'est rédhibitoire pour une nomination, mais c'est le genre de bagage qu'on déballe en public, lentement, devant les caméras.

Un ministère en pleine mutation

La FEMA dépend du Département de la Sécurité intérieure, actuellement dirigé par Markwayne Mullin, qui a pris les rênes après le remaniement post-Noem. Selon les dépêches de l'Associated Press qui alimentent la plupart des articles sur le sujet, il y aurait également eu une fermeture de 75 jours du DHS, qui aurait pris fin le 30 avril 2026, bien que cette affirmation précise n'ait pas, d'après nos vérifications, été largement corroborée au-delà de la dépêche originale. À traiter comme une information rapportée, pas comme une certitude.

Ce qui ne fait aucun doute, c'est l'ampleur de l'organisation qu'Hamilton espère diriger. La FEMA emploie plus de 21 000 personnes et est l'agence vers laquelle se tournent les Américains quand des ouragans ravagent les côtes, quand des incendies détruisent des villes ou quand des inondations dévastent le Midwest. C'est l'un des postes intérieurs les plus importants du gouvernement fédéral, et il a connu trois dirigeants temporaires en assez peu de temps, Hamilton en faisant partie.

Pourquoi cela concerne aussi les lecteurs français

Bonne question : pourquoi s'en préoccuper de ce côté de l'Atlantique ? Quelques raisons.

D'abord, l'orientation de la FEMA détermine la façon dont les États-Unis répondent aux catastrophes liées au dérèglement climatique, et la France est de plus en plus liée à ces dynamiques, que ce soit par les marchés de réassurance, la coordination de l'aide humanitaire ou simplement le coût des marchandises importées après qu'un ouragan a détruit un port. Ensuite, la politique consistant à démanteler puis à reconstituer une grande agence fédérale est une étude de cas utile pour quiconque observe la tendance plus large des gouvernements à menacer de saborder des institutions avant de les reconstruire discrètement.

Troisièmement, et de façon un peu plus cynique, c'est un rappel que se faire licencier à Washington n'est presque jamais la fin de l'histoire. C'est plutôt un entracte.

Ce qu'il faut surveiller

Quelques points de repère à garder à l'oeil.

  • Les auditions de confirmation. Les sénateurs voudront interroger Hamilton sur son expérience de gestion au regard du seuil légal des cinq ans, ainsi que sur l'annulation des subventions à la résilience et l'accès du DOGE aux données.
  • Les recommandations du Conseil d'examen. Tout ce qui nécessite une action du Congrès avancera à la vitesse du Congrès, c'est-à-dire lentement, avec des coups de théâtre occasionnels.
  • La saison des ouragans. Hamilton, s'il est confirmé, pourrait être mis à l'épreuve rapidement. La saison des ouragans dans l'Atlantique commence en juin, et la crédibilité de la FEMA se fait ou se défait généralement dans les semaines qui suivent une tempête majeure.
  • Le moral en interne. Une agence qui a connu trois dirigeants temporaires, une affaire de détecteur de mensonges et une décision d'accès controversée n'est pas exactement un environnement serein. Hamilton devra rebâtir la confiance, et vite.

Le verdict

Cette nomination est à la fois une rédemption partielle, un recul politique et le pari qu'un visage familier peut stabiliser une agence malmenée depuis plus d'un an. Le pedigree militaire et de gestion de crise d'Hamilton est indéniable. Son éligibilité légale, son bilan durant son mandat intérimaire et la question plus large de savoir si l'administration croit vraiment en la FEMA restent tous des sujets en suspens.

Si vous aimez la politique bien ordonnée, passez votre chemin. Si vous aimez les histoires de come-back avec des notes de bas de page, installez-vous confortablement. Dans tous les cas, le processus de confirmation promet d'être tout sauf ennuyeux.

Lire l'article original sur la source.

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Rédigé par

Daniel Benson

Writer, editor, and the entire staff of SignalDaily. Spent years in tech before deciding the news needed fewer press releases and more straight talk. Covers AI, technology, sport and world events — always with context, sometimes with sarcasm. No ads, no paywalls, no patience for clickbait. Based in the UK.