Rubio dit que la guerre se termine en quelques semaines. Le portefeuille britannique dit qu'il ne peut pas attendre aussi longtemps.
Rubio prédit une fin du conflit au Moyen-Orient en quelques semaines, mais les ménages britanniques subissent déjà la hausse des prix du carburant, la chute des marchés et le ralentissement économique.
Les unes du samedi dressent un tableau qui mêle à parts égales drama géopolitique et anxiété du quotidien. D'un côté, le secrétaire d'État américain Marco Rubio déclare avec assurance que le conflit au Moyen-Orient se terminera en "semaines, pas en mois." De l'autre, la moitié du public britannique resserre paraît-il les cordons de la bourse au point de risquer de les rompre.
Le calendrier optimiste de Rubio
Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 en France le 27 mars, Rubio a indiqué à ses alliés qu'il s'attend à ce que le conflit se calme dans deux à quatre semaines supplémentaires. Sachant que l'Opération Epic Fury a débuté il y a à peine un mois, le 28 février, c'est un calendrier remarquablement serré pour une guerre qui a déjà déstabilisé les marchés énergétiques mondiaux, fait grimper le prix du pétrole au-delà de 126 dollars le baril, et vu l'Iran fermer le détroit d'Ormuz à la navigation alliée.
Que la confiance de Rubio repose sur des renseignements ou sur l'optimisme reste à voir. Mais après quatre semaines de frappes, de tirs de missiles en représailles, et la fermeture d'un point de passage maritime gérant environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole, "bientôt" ne peut pas arriver assez vite.
Le coût humain
Les bilans des victimes restent vivement contestés. La une de l'Independent fait état de 4 587 morts dans l'ensemble des pays concernés, bien que ce chiffre se situe de manière inconfortable entre le bilan officiel iranien de 3 117 morts et l'estimation du groupe de défense des droits kurde Hengaw de plus de 5 300 morts en seulement 18 jours. Le Washington Post a rapporté près de 1 500 morts civils iraniens à eux seuls. La vérité, comme toujours en temps de conflit, dépend de qui compte et comment.
La Grande-Bretagne sous pression
Plus près de chez nous, les retombées économiques se font sentir dans chaque station-service du pays. Les prix des carburants ont dépassé 1,50 £ le litre pour la première fois depuis près de deux ans, le RAC signalant une moyenne de 150,7 pence. C'est une hausse de 17 pence rien qu'en mars, le genre d'augmentation mensuelle qui vous donne sérieusement envie d'aller travailler à vélo, même sous une pluie battante.
Le tableau d'ensemble est tout aussi sombre. L'OCDE a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le Royaume-Uni, de 1,2 % à 0,7 %, soit la révision la plus sévère de toutes les grandes économies. L'Independent rapporte qu'environ 15 milliards de livres sterling ont été effacés de la croissance économique, bien que ce chiffre précis n'ait pas été corroboré de manière indépendante au-delà de la une du journal. Les marchés ne s'en sortent guère mieux : mars a connu la plus forte vente combinée d'actions et d'obligations depuis 2022, Bloomberg faisant état de 2 500 milliards de dollars de pertes sur le seul marché obligataire.
Selon un sondage rapporté par l'i Weekend, environ la moitié des électeurs affirment réduire activement leurs dépenses. Les enquêtes de Bloomberg et YouGov dressent un tableau cohérent de la restriction des dépenses des consommateurs, même si le chiffre exact de 50 % est difficile à établir de manière indépendante.
Starmer tient bon
Le Premier ministre Keir Starmer, quant à lui, continue de résister à la pression qui lui est faite de rejoindre la campagne militaire menée par les États-Unis. S'exprimant sur le podcast Electoral Dysfunction (oui, c'est bien son vrai nom), Starmer a insisté sur le fait que le Royaume-Uni ne croit pas au "changement de régime par les airs" et qu'il ne plierait pas. C'est une position qui le met en porte-à-faux avec Washington, mais qui est sans doute en phase avec un public bien plus préoccupé par ses factures de chauffage que par les postures géopolitiques.
Par ailleurs, en d'autres nouvelles
La police métropolitaine a discrètement rouvert son enquête sur le vol du téléphone de Morgan McSweeney, après avoir admis avoir initialement consulté les caméras de surveillance dans une partie de Londres complètement différente. Tower Hamlets au lieu de Westminster. On n'inventerait vraiment pas ça.
Et le président d'Asda, Allan Leighton, a répondu aux accusations de ministres reprochant aux supermarchés de profiter de la hausse des prix du carburant, une accusation qu'il a balayée avec ce que le Daily Mail a qualifié de "crédibilité zéro."
En conclusion
Les journaux du samedi décrivent un pays pris en étau entre un conflit qu'il n'a pas déclenché et une pression économique dont il ne peut s'échapper. Le calendrier de deux à quatre semaines de Rubio offre une lueur d'espoir, mais pour des millions de Britanniques qui comptent chaque centime, même deux semaines semblent bien longues à attendre.
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