Pourquoi le déminage du détroit d'Ormuz est un cauchemar géopolitique

Pourquoi le déminage du détroit d'Ormuz est un cauchemar géopolitique

Le mythe de la solution miracle

En matière de relations internationales, les politiciens raffolent des petites phrases. Nous avons tous entendu ce discours bravache sur la facilité avec laquelle il suffirait de déminer le détroit d'Ormuz si la situation venait à se dégrader. Mais voici un retour à la réalité : le déminage maritime ne ressemble pas au passage de l'aspirateur dans votre salon. C'est une opération lente, fastidieuse et incroyablement dangereuse qui fait passer les postures politiques pour un enfant jouant avec des bateaux miniatures.

La physique du problème

Le détroit d'Ormuz est l'un des points de passage maritimes les plus vitaux au monde. Une part importante de l'approvisionnement pétrolier mondial transite par ici. Si vous décidez de larguer des mines dans ces eaux, vous ne créez pas seulement un obstacle, vous créez une arme psychologique persistante. Contrairement aux mines fixes posées sagement sur le fond marin, les mines dérivantes sont chaotiques. Elles se déplacent avec les courants, ce qui signifie qu'un couloir de navigation dégagé à 9 heures peut devenir un cimetière à l'heure du déjeuner.

Le retrait de ces engins nécessite des navires spécialisés, une technologie sonar capable de fonctionner dans des eaux troubles et encombrées de débris, ainsi qu'une patience que les gouvernements modernes possèdent rarement. C'est un jeu du chat et de la souris où la souris est un engin explosif capable de paralyser un pétrolier.

Pourquoi la technologie n'est pas une solution miracle

On pourrait penser qu'à l'ère des drones et de l'intelligence artificielle, nous disposerions d'une solution rapide. Détrompez-vous. Bien que les véhicules sous-marins autonomes s'améliorent, ils peinent face au volume considérable d'objets présents dans le détroit. Entre les vieilles épaves, les filets de pêche abandonnés et les débris naturels, les opérateurs sonar passent la plupart de leur temps à poursuivre de fausses alertes. Chaque signal doit être vérifié, souvent par des plongeurs humains ou des véhicules téléopérés. C'est fastidieux, coûteux et, pour être honnête, terrifiant.

Le coût de la bravade

Prétendre qu'une nation n'a pas besoin d'aide dans un tel scénario ignore l'ampleur réelle de l'opération requise. Le déminage d'une zone est un effort multilatéral pour une bonne raison. Il exige un soutien logistique massif, une surveillance constante et une flotte de dragueurs de mines que la plupart des marines ne possèdent tout simplement pas en abondance. Prétendre qu'un seul pays peut débarquer et nettoyer la zone seul n'est pas seulement de l'orgueil, c'est une erreur de calcul dangereuse qui pourrait entraîner des pertes humaines inutiles.

Le verdict

Nous devons cesser de percevoir la sécurité maritime à travers le prisme d'un film d'action hollywoodien. Le détroit d'Ormuz reste une artère fragile de l'économie mondiale, et la menace des mines est l'une des tactiques asymétriques les plus efficaces à la disposition des puissances plus modestes. C'est peu coûteux à déployer, dévastateur en termes d'efficacité et un cauchemar absolu à nettoyer. Tant que nous n'admettrons pas qu'il s'agit d'un processus lent, complexe et collaboratif, nous ne faisons que nous bercer d'illusions.

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Written by

Daniel Benson

Writer, editor, and the entire staff of SignalDaily. Spent years in tech before deciding the news needed fewer press releases and more straight talk. Covers AI, technology, sport and world events — always with context, sometimes with sarcasm. No ads, no paywalls, no patience for clickbait. Based in the UK.