Markwayne Mullin confirmé à la tête de la Sécurité intérieure : peut-il sauver le DHS du désastre ?
Le Sénat américain a confirmé Markwayne Mullin comme nouveau Secrétaire à la Sécurité intérieure, confiant à ce républicain de l'Oklahoma âgé de 48 ans la tâche peu enviable de diriger un département qui a été, pour le dire gentiment, un véritable chaos.
Le vote a été acquis par 54 voix contre 45 le 23 mars 2026, deux démocrates ayant traversé les lignes partisanes pour soutenir Mullin : John Fetterman de Pennsylvanie et Martin Heinrich du Nouveau-Mexique. Dans un délicieux retournement de théâtre politique, le seul républicain à voter contre était Rand Paul, qui n'a visiblement pas pardonné à Mullin quelques échanges bien sentis entre les deux hommes. Nous y reviendrons.
Remplacer Kristi Noem et ses controverses
Mullin prend la place laissée vacante par Kristi Noem, dont le mandat a été entaché d'une série de bourdes qui ont défrayé la chronique pour toutes les mauvaises raisons. Noem a été vivement critiquée pour avoir qualifié la fusillade d'Alex Pretti à Minneapolis de "terrorisme intérieur" et pour avoir supervisé une campagne publicitaire de 250 millions de dollars encourageant les immigrés à rentrer chez eux d'eux-mêmes. Ni l'une ni l'autre de ces initiatives ne lui a valu beaucoup d'amis, et son départ n'a guère été pleuré à Washington.
Mullin lui-même a dû revenir sur ses propos concernant Pretti lors de son audition de confirmation, admettant qu'il "n'aurait pas dû" traiter cet homme de "dérangé" et s'engageant à ne pas employer un tel langage en tant que secrétaire. Une correction de trajectoire raisonnable, pourrait-on dire.
La fermeture du DHS qui pèse sur tout
La confirmation intervient à un moment particulièrement critique pour le département. Le DHS est fermé depuis mi-février 2026, pris en étau dans une impasse au Congrès sur le financement de l'application des lois sur l'immigration. Au moment de la confirmation de Mullin, la fermeture approchait son 40e jour, avec plus de 100 000 employés travaillant sans être payés. Les pénuries de personnel de la TSA ont déjà commencé à perturber le trafic aérien, ajoutant une dose de chaos bien réel à la paralysie politique.
La confirmation de Mullin a pris moins de trois semaines à partir de la nomination par Trump, un rythme qui suggère que les deux partis ont reconnu l'urgence de placer quelqu'un derrière le bureau.
Une audition de confirmation que personne n'oubliera
L'audition de confirmation de Mullin le 18 mars a été, selon les critères du Sénat, un véritable spectacle. Rand Paul a diffusé des images vidéo de Mullin menaçant de se battre physiquement avec Sean O'Brien, président des Teamsters, lors d'une audition au Sénat en novembre 2023. Paul a également confronté Mullin à son sujet d'avoir été traité de "foutu serpent" et a évoqué l'incident de 2017 au cours duquel Paul avait été agressé par un voisin. L'ensemble de l'affaire avait l'atmosphère d'une réunion de promotion où de vieilles rancunes remontent à la surface après un verre de trop.
Cela n'a toutefois pas suffi à faire dérailler la nomination. Mullin, ancien combattant de MMA et membre de la Nation Cherokee, semble avoir convaincu suffisamment de sénateurs que ses tendances combatives pouvaient être canalisées de manière productive.
Des changements de politique à l'horizon
Mullin a laissé entrevoir un écart significatif par rapport à l'approche de Noem sur plusieurs points. Lors de son audition, il a déclaré que les agents de l'immigration seraient tenus d'obtenir des mandats judiciaires avant d'entrer dans des domiciles et des entreprises, un tournant clair vers une stratégie d'application plus ancrée dans le droit. Il s'est également opposé aux propositions visant à supprimer la FEMA, préférant soutenir une restructuration de l'agence.
Ces positions survivront-elles au contact des réalités du poste, c'est ce qu'il reste à voir, mais elles laissent entendre que Mullin est au moins conscient que le département a besoin d'une main plus ferme et plus posée.
Que devient le siège sénatorial de Mullin ?
Le départ de Mullin vers le DHS laisse un siège sénatorial vacant en Oklahoma. Le gouverneur Kevin Stitt nommera un remplaçant, et le dirigeant du secteur pétrolier et gazier Alan Armstrong est largement pressenti pour obtenir le poste. C'est un siège républicain sûr, aussi n'attendez pas de bouleversements spectaculaires dans l'équilibre du Sénat.
En résumé
Mullin hérite d'un département en crise réelle : fermé, sous-effectif, et encore ébranlé par les faux pas de son prédécesseure. Il a tenu de beaux discours sur les mandats, la retenue et la restructuration. Il doit maintenant passer aux actes, avec plus de 100 000 employés non payés qui observent, et un Congrès incapable de s'entendre sur la façon de financer le département qu'il est censé diriger. Sans pression.
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