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Les écoles néerlandaises ont interdit les téléphones et les résultats sont là. Les enseignants savourent leur victoire.

Les Pays-Bas ont interdit les smartphones en classe dès janvier 2024. Les résultats sont encourageants, mais une étude académique soulève des questions importantes sur le bien-être des élèves.

Les écoles néerlandaises ont interdit les téléphones et les résultats sont là. Les enseignants savourent leur victoire.

Les Pays-Bas ont franchi le pas le 1er janvier 2024 en interdisant les smartphones dans les salles de classe du secondaire. Un an et demi plus tard, les résultats sont là, et ils donnent raison à beaucoup d'enseignants qui se sentent bien justifiés.

Une enquête commandée par le gouvernement auprès de 317 établissements secondaires révèle que 75 % d'entre eux ont constaté une amélioration de la concentration des élèves, 59 % ont noté un meilleur climat social, et 28 % ont observé de meilleures performances scolaires. La secrétaire d'État à l'Éducation Marielle Paul l'a résumé assez bien : « Moins de distractions, plus d'attention au cours, et des élèves plus sociaux. »

Si vous êtes un parent qui a déjà vu un adolescent défiler sur TikTok tout en prétendant réviser, rien de tout cela ne vous surprendra.

Comment fonctionne concrètement l'interdiction

L'approche néerlandaise n'est pas une directive uniforme. Les établissements disposent d'une certaine souplesse dans l'application des règles, et près des deux tiers des lycées demandent désormais aux élèves de laisser leur téléphone à la maison ou de le ranger dans un casier. Environ un établissement sur cinq collecte les appareils au début de chaque cours. Des exceptions existent à des fins médicales, comme les aides auditives connectées via Bluetooth.

L'interdiction a été étendue aux écoles primaires pour l'année scolaire 2024/2025, bien que l'impact y ait été minime. La plupart des enfants plus jeunes n'apportaient de toute façon pas de téléphone à l'école, ce qui est soit rassurant, soit légèrement inquiétant selon le point de vue.

Avant de crier victoire

C'est là que les choses se compliquent un peu. Les chiffres mis en avant proviennent d'une enquête auprès de directeurs d'établissements rapportant leurs propres perceptions. Ce n'est pas tout à fait la même chose qu'une mesure rigoureuse et soumise à évaluation par les pairs. Il vaut la peine de garder cette réserve méthodologique à l'esprit avant de graver ces statistiques dans le marbre.

Et parlant d'évaluation par les pairs : une étude académique distincte publiée dans le Journal of Youth and Adolescence (Springer, 2025) a interrogé 1 398 élèves dans 24 établissements et dresse un tableau plus nuancé. Les interdictions totales couvrant l'ensemble de l'enceinte scolaire, et pas seulement les salles de classe, ont été associées à une moindre connectivité entre élèves et enseignants. Pour les filles en particulier, ces interdictions plus larges ont été corrélées à un sentiment d'appartenance scolaire réduit.

C'est un résultat significatif que la plupart des titres enthousiastes ont discrètement mis de côté. La concentration a peut-être augmenté, mais si certains élèves se sentent moins connectés à leur communauté scolaire, ce compromis mérite une attention sérieuse plutôt qu'un revers de main.

Une tendance mondiale qui s'accélère

Les Pays-Bas sont loin d'être seuls dans cette expérience. Selon les données de l'UNESCO, au moins 60 pays avaient mis en place ou étudiaient des règles relatives aux smartphones dans les écoles à la fin de l'année 2024. La France, la Hongrie, la Finlande, la Belgique et l'Allemagne en sont toutes à différents stades de restrictions similaires.

Le gouvernement néerlandais ne s'arrête pas aux salles de classe non plus. Il existe désormais une volonté de restreindre entièrement l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, ce qui représenterait une intervention bien plus ambitieuse. Reste à savoir si cela s'avérera être une politique sensée ou un excès législatif.

Le verdict

Les premiers résultats des Pays-Bas sont véritablement encourageants. Trois quarts des établissements signalant une meilleure concentration, c'est difficile à écarter, et près de six sur dix constatant une amélioration des interactions sociales suggère que les téléphones n'étaient pas seulement une distraction académique, mais aussi sociale.

Mais ne prétendons pas que le tableau est entièrement rose. Seulement 28 % des établissements ont signalé de meilleurs résultats scolaires, les données sont autodéclarées par le personnel plutôt que mesurées objectivement, et il existe des inquiétudes légitimes quant aux effets non intentionnels d'interdictions plus strictes à l'échelle du campus sur le bien-être des élèves.

La conclusion raisonnable ? Les restrictions sur les téléphones en classe semblent être globalement positives, mais les détails de mise en oeuvre sont d'une importance capitale. Un cours sans téléphone n'est pas la même chose qu'un campus sans téléphone, et trouver le bon équilibre sera le véritable défi à mesure que d'autres pays emboîtent le pas.

Pour l'instant, les enseignants néerlandais peuvent savourer quelque chose de rare dans la politique éducative : des résultats précoces qui suggèrent qu'une réforme fonctionne vraiment. Ils ont mérité un moment de satisfaction tranquille. Téléphones éteints, bien sûr.

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Written by

Daniel Benson

Writer, editor, and the entire staff of SignalDaily. Spent years in tech before deciding the news needed fewer press releases and more straight talk. Covers AI, technology, sport and world events — always with context, sometimes with sarcasm. No ads, no paywalls, no patience for clickbait. Based in the UK.