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Le processus de paix à Gaza agonise pendant que le monde regarde l'Iran

Le cessez-le-feu à Gaza s'effrite dans l'indifférence générale : Hamas refuse le désarmement, reconstruction sous-financée et frappes israéliennes persistent malgré la trêve.

Le processus de paix à Gaza agonise pendant que le monde regarde l'Iran

Vous souvenez-vous de l'époque où le cessez-le-feu à Gaza semblait être un véritable tournant ? C'était il y a environ cinq mois et demi. Aujourd'hui, alors que la guerre contre l'Iran monopolise tous les titres depuis fin février, le fragile cadre de paix s'effrite discrètement, et presque personne ne semble y prêter attention.

Un cessez-le-feu bâti sur l'optimisme et peu de choses solides

Lorsque le plan de paix en 20 points de Trump a mis fin aux combats en octobre 2025, scellé par l'accord de Charm el-Cheikh le 9 octobre, un espoir prudent a émergé. Le Conseil de sécurité de l'ONU l'a soutenu avec la résolution 2803 en novembre, adoptée avec 13 voix pour et seulement la Chine et la Russie s'abstenant. Une cérémonie de signature en grande pompe a lancé le Conseil de la Paix à Davos en janvier 2026. Puis sont venues des promesses de 7 milliards de dollars pour la reconstruction lors d'une réunion à Washington en février. Sur le papier, tout semblait prendre de l'élan.

WATCH: Trump introduces Gaza 'Board of Peace' at Davos forum — Couverture par PBS NewsHour de la cérémonie de signature du Conseil de la Paix à Davos en janvier 2026. Fournit le contexte essentiel sur le cadre de paix mentionné tout au long de l'article de la BBC.

En pratique ? Ces 7 milliards de dollars semblent généreux jusqu'à ce que l'on apprenne que l'ONU, la Banque mondiale et l'UE estiment la facture totale de reconstruction de Gaza à environ 70 milliards de dollars. Nous en sommes donc à environ 10 % de ce qui est réellement nécessaire. Les États-Unis se sont séparément engagés à verser 10 milliards de dollars au Conseil de la Paix, ce qui aide, mais l'écart reste énorme.

Le désarmement : le point de blocage que personne ne peut débloquer

Nickolay Mladenov, Haut Représentant pour Gaza au sein du Conseil de la Paix dirigé par les États-Unis, a présenté au Conseil de sécurité de l'ONU, le 24 mars, une feuille de route détaillée sur le désarmement. Des rapports d'Al Jazeera et de l'AP décrivent un processus en cinq étapes sur huit mois, bien que certains comptes rendus évoquent une fenêtre plus large de six à neuf mois pour un retrait progressif des troupes israéliennes.

La réponse du Hamas ? Un retentissant "non merci". Le groupe a refusé à plusieurs reprises de rendre ses armes tant que l'occupation israélienne se poursuit, ce qui n'est guère plus surprenant que la pluie en automne. Le haut responsable du Hamas, Bassem Naim, a accusé Mladenov d'essayer "d'être plus royaliste que le roi" en reliant chaque question à la question des armes. Certaines figures du Hamas ont accepté le cadre "en principe" avec des réserves, mais c'est là le langage diplomatique pour signifier un désaccord sur la plupart des détails.

Sur le terrain, le cessez-le-feu ressemble plutôt à une passoire

Voici la partie inconfortable : les frappes aériennes israéliennes à Gaza ont continué malgré le cessez-le-feu. Plusieurs sources font état de 648 à 687 Palestiniens tués depuis le début de la trêve, soit une moyenne de plus de quatre morts par jour. Ce n'est guère l'environnement dans lequel on peut bâtir la confiance nécessaire à un processus de désarmement.

Par ailleurs, l'organe technocratique de 15 membres censé gouverner Gaza, le Comité national pour l'administration de Gaza (CNAG), présidé par Ali Shaatt, n'a pas pu entrer à Gaza. Israël a bloqué l'entrée des membres du comité. Le Hamas, de son côté, s'est affairé à réimposer des taxes sur les biens et services, réaffirmant discrètement son contrôle civil et sécuritaire.

WATCH: Trump announces pledges for Gaza reconstruction and troop commitments at first Board of Peace meeting — Couverture par PBS NewsHour de la réunion inaugurale du Conseil de la Paix à Washington (février 2026) lors de laquelle ont été annoncés les 7 milliards de dollars de promesses pour la reconstruction et les engagements en matière de troupes, directement liés aux affirmations de l'article concernant le financement de la reconstruction.

Quelques avancées existent sur le papier : 200 000 logements temporaires seraient prévus, et 5 000 nouveaux policiers palestiniens sont en cours de recrutement, dont beaucoup sont formés en Égypte. L'envoyé palestinien Riyad Mansour a mis en avant ces chiffres, même si les plans et la réalité à Gaza ont une longue histoire de divergences.

L'Iran : l'éléphant qui a envahi toute la pièce

Lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran le 28 février 2026, l'attention mondiale s'est déplacée du jour au lendemain. Comme l'ont noté Amjad Iraqi, analyste principal du Groupe de crise international, et d'autres, la capacité diplomatique consacrée à Gaza s'est tout simplement évaporée. La France et l'Allemagne avaient déjà refusé de rejoindre le Conseil de la Paix, et désormais même les nations participantes ont les yeux ailleurs.

Le danger n'est pas seulement la distraction. Un conflit régional plus large rend chaque acteur dans l'équation gazaouie plus retranché, plus méfiant et moins enclin au compromis. Le cessez-le-feu a toujours été fragile. Sans pression internationale soutenue et sans suivi réel de la reconstruction, il risque de devenir une ligne de plus dans la longue histoire des promesses non tenues.

Lire l'article original à la source.

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Written by

Daniel Benson

Writer, editor, and the entire staff of SignalDaily. Spent years in tech before deciding the news needed fewer press releases and more straight talk. Covers AI, technology, sport and world events — always with context, sometimes with sarcasm. No ads, no paywalls, no patience for clickbait. Based in the UK.