Le Pentagone a tenté de museler la presse. Un juge vient de dire non.

Le Pentagone a tenté de museler la presse. Un juge vient de dire non.

Le Pentagone a tenté de museler la presse. Un juge fédéral vient de lui retirer son bâillon.

Le juge de district américain Paul L. Friedman a statué le 20 mars 2026 que la politique d'accréditation de la presse du ministère de la Défense viole à la fois le premier et le cinquième amendements de la Constitution américaine. Cette décision de 40 pages est un rappel à l'ordre cinglant pour une politique introduite sous le secrétaire à la Défense Pete Hegseth en septembre 2025, qui demandait essentiellement aux journalistes de promettre qu'ils ne collecteraient ni ne rapporteraient d'informations que le Pentagone n'avait pas personnellement approuvées.

Spoiler : les journalistes ont refusé.

Ce que la politique exigeait réellement

La politique dite de « Facility Alternate Credentials » (PFAC) du Pentagone exigeait des journalistes qu'ils s'engagent à ne pas obtenir ni publier d'informations qui n'avaient pas été officiellement autorisées. Point crucial, cela ne se limitait pas aux documents classifiés. Même les informations non classifiées étaient hors limites sans le feu vert du Pentagone. La politique a été mise à jour en octobre 2025, mais l'exigence fondamentale est restée la même.

En pratique, le gouvernement demandait aux journalistes d'accepter de ne plus faire leur travail. On comprend aisément pourquoi cela a posé problème.

Presque tous les grands médias américains ont refusé de signer. Le New York Times, le Washington Post, CNN, NBC, CBS, ABC, NPR et Fox News ont tous décliné. Lorsque des médias couvrant tout le spectre politique sont d'accord sur un point, c'est que la politique a réussi un exploit : unir une industrie qui parvient à peine à s'entendre sur le choix d'une police de caractères.

Le procès et la décision

Le New York Times, accompagné du journaliste spécialisé en sécurité nationale Julian E. Barnes, a déposé plainte en décembre 2025. La décision du juge Friedman n'y est pas allée par quatre chemins. Il a estimé que cette politique équivalait à une discrimination fondée sur les opinions, écrivant que son « véritable objectif et effet pratique » était « d'écarter les journalistes indésirables ».

Les preuves étayant ce constat sont accablantes. Les procédures judiciaires ont révélé que l'influenceuse de droite Laura Loomer avait obtenu un accès à la ligne directe du Pentagone, tandis que la demande similaire du Washington Post avait été rejetée. Si vous voulez favoriser certains, essayez au moins d'être subtils.

Le juge a ordonné le rétablissement des badges de presse pour sept journalistes du New York Times et a annulé les dispositions principales de cette politique. Il a toutefois maintenu certaines restrictions, notamment l'obligation d'être accompagné par une escorte lors des déplacements dans certaines zones du bâtiment. C'est compréhensible. Après tout, il s'agit d'un quartier général militaire, pas d'un espace de coworking.

Une ligne particulièrement marquante de la décision souligne que le premier amendement a « préservé la sécurité de la nation pendant près de 250 ans ». Le calcul est un peu approximatif, mais le message est clair.

Pourquoi cela dépasse le cadre du périphérique

La liberté de la presse n'est pas qu'un principe constitutionnel abstrait. C'est le mécanisme par lequel le public apprend ce que fait réellement son gouvernement, en particulier en matière de défense et de sécurité nationale. Une politique qui laisse le gouvernement décider quels journalistes ont accès aux informations en fonction de son approbation de leur travail n'est pas une accréditation. C'est de la censure avec de la paperasse en plus.

Le Comité pour la protection des journalistes a publiquement salué cette décision, et à juste titre. Lorsque l'accès à la presse devient une récompense pour une couverture favorable, le journalisme d'investigation s'éteint.

La suite des événements

Le Pentagone ne compte pas en rester là. Le porte parole du ministère de la Défense, Sean Parnell, a déclaré : « Nous ne sommes pas d'accord avec cette décision et nous allons faire appel immédiatement ». Ce combat se dirige vers les tribunaux supérieurs, où les questions constitutionnelles seront à nouveau mises à l'épreuve.

Pour l'instant, cette décision constitue une déclaration judiciaire claire : le gouvernement ne peut pas choisir ses journalistes en fonction de leurs opinions éditoriales. Le premier amendement, comme le juge l'a rappelé à tout le monde, fait son travail depuis un bon moment. Il n'est pas près de prendre sa retraite.

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Written by

Daniel Benson

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