La PDG de la Co-op tire sa révérence après une tempête culturelle toxique et une année à oublier
La PDG de la Co-op, Shirine Khoury-Haq, quitte ses fonctions après une année 2025 marquée par des pertes financières, une cyberattaque et des polémiques internes.
Quand les choses se corsent, les durs avancent (littéralement)
Shirine Khoury-Haq a quitté son poste de PDG du groupe Co-op, et honnêtement, après l'année qu'elle a vécue, on ne peut guère lui en vouloir de vouloir un peu de tranquillité. Son départ, effectif le 29 mars 2026, a été annoncé parallèlement aux résultats annuels 2025 du groupe. Ces résultats, il faut le dire, sont d'une morosité spectaculaire.
Ce départ survient environ un mois après que la BBC a rapporté des allégations de culture d'entreprise toxique au sommet de l'organisation. Une lettre anonyme envoyée aux membres du conseil d'administration de la Co-op dépeignait un climat de peur et d'aliénation parmi les cadres supérieurs, avec cette citation particulièrement mémorable : "On apprend à regarder ses chaussures. Personne ne peut dire ce qu'il pense." La Co-op, de son côté, avait déclaré à l'époque ne pas reconnaître ces allégations. C'est drôle comme les choses peuvent changer rapidement.
Les chiffres racontent leur propre histoire
Si les allégations sur la culture d'entreprise ont allumé la mèche, les finances ont servi de baril de poudre. La Co-op a enregistré une perte annuelle non auditée de 126 millions de livres sterling pour 2025, soit près du triple de la perte de 45 millions enregistrée en 2024. Le chiffre d'affaires du groupe a reculé de 2,3 % pour atteindre un peu plus de 11 milliards de livres, et la dette a gonflé, passant de 55 millions à un montant assez impressionnant de 317 millions de livres.
La part de marché a également été touchée, passant de 5,4 % en août 2025 à 5 % en janvier 2026. Ce ne sont pas vraiment le genre de chiffres que l'on affiche sur une affiche de motivation.
Parlons de cette cyberattaque
Une part importante des dommages financiers découle d'une cyberattaque dévastatrice en avril 2025. Cette faille n'était pas un simple désagrément. Elle a frappé l'entreprise à hauteur de 285 millions de livres de perte de revenus sur l'année, avec un impact de 107 millions sur la rentabilité. Les pompes funèbres ont été contraintes de revenir à des opérations sur papier. Les rayons des magasins sont restés vides. Et les données personnelles des 6,5 millions de membres de la Co-op ont été dérobées.
Pour le contexte, les résultats semestriels avaient déjà signalé 206 millions de livres de ventes perdues à cause de cette seule attaque. Le bilan annuel n'a fait qu'empirer.
La pression des coûts s'accumule
Comme si une cyberattaque paralysante et une crise de leadership ne suffisaient pas, la Co-op a également dû faire face à environ 150 millions de livres de pressions sur les coûts. Ce chiffre inclut 47 millions provenant des augmentations de l'assurance nationale et des charges liées à la responsabilité élargie des producteurs. Quand il pleut, il tombe des cordes.
Qui ramasse les morceaux ?
Kate Allum, administratrice nommée par les membres au conseil d'administration de la Co-op, a été nommée PDG par intérim du groupe à compter du 30 mars 2026. Elle hérite d'une entreprise qui a besoin d'être stabilisée dans presque tous les départements.
Khoury-Haq a passé quatre ans en tant que directrice générale et près de sept ans au total à la Co-op. Quel que soit votre avis sur son mandat, l'ampleur des défis lancés à l'organisation durant cette période était vraiment extraordinaire. Une cyberattaque unique en son genre, une crise du coût de la vie, des pressions réglementaires, puis des allégations sur la culture même qu'elle était chargée d'instaurer.
Et maintenant ?
La Co-op a toujours des plans ambitieux, notamment l'objectif d'atteindre 10 millions de membres actifs d'ici 2030 et un réseau de près de 8 000 magasins sur l'ensemble de son parc et de ses partenaires. La question de savoir si ces objectifs survivront à la réalité est une tout autre affaire.
Pour l'instant, la priorité sera de restaurer la confiance, tant en interne qu'en externe. Le personnel qui avait l'impression de devoir regarder ses chaussures doit sentir qu'il peut à nouveau lever la tête. Et les membres dont les données ont été compromises ont besoin d'être rassurés sur le fait que l'organisation a remis de l'ordre dans sa maison.
Ce fut, à tout point de vue, un chapitre éprouvant. Le prochain ferait mieux d'être captivant pour les bonnes raisons.
Lisez l'article original sur source.
