La Grande-Bretagne remporte le pire des prix : pourquoi le Royaume-Uni subit le choc économique le plus dur de la guerre en Iran
L'OCDE prévoit une croissance de seulement 0,7 % pour le Royaume-Uni. Découvrez pourquoi la dépendance énergétique rend le pays vulnérable à la crise iranienne.
De toutes les distinctions indésirables que la Grande-Bretagne a collectionnées au fil des ans, celle-ci est particulièrement douloureuse. Selon les perspectives économiques intérimaires de l'OCDE de mars 2026, le Royaume-Uni fait face à la plus forte révision à la baisse de sa croissance parmi toutes les grandes économies à la suite de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l'Iran. S'il existait un classement de la vulnérabilité économique, nous serions en tête.
Les chiffres sombres
L'OCDE a réduit les prévisions de croissance du PIB britannique pour 2026 à un maigre 0,7 %, contre 1,2 % en décembre. Cette baisse de 0,5 point de pourcentage est la plus importante de tous les pays du G7. Pour situer le contexte, la zone euro a été revue à la baisse de 0,4 point de pourcentage pour atteindre 0,8 %, tandis que les États-Unis ont vu leurs prévisions augmenter de 0,3 point pour atteindre 2,0 %. La vie n'est vraiment pas juste.
Sur le front de l'inflation, les choses semblent encore moins réjouissantes. La projection pour le Royaume-Uni a été révisée à la hausse à 4,0 % contre 2,5 %, un bond de 1,5 point de pourcentage qui marque la plus forte révision à la hausse parmi les principales économies avancées. Les perspectives pour 2027 offrent un maigre réconfort : la croissance du PIB est estimée à 1,3 % avec une inflation à 2,6 %, ce qui reste obstinément au-dessus de l'objectif de 2 % de la Banque d'Angleterre.
Pourquoi la Grande-Bretagne encaisse-t-elle le plus gros choc ?
La réponse tient en un mot : l'énergie. Lorsque le détroit d'Ormuz a été effectivement fermé le 4 mars, environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole a été coupé à la source. Les États-Unis, qui sont confortablement positionnés comme exportateurs nets d'énergie, peuvent surmonter cette épreuve. La Grande-Bretagne, fortement dépendante des importations de gaz et de pétrole, en est tout simplement incapable.
Les données du marché brossent un tableau saisissant. Le brut Brent est passé de 81,40 $ à plus de 106 $ le baril en trois semaines, soit une hausse de 30 %, certaines séances frôlant les 120 $. Les indices de référence du gaz néerlandais TTF ont presque doublé, dépassant les 60 EUR/MWh à la mi-mars. Les stocks de gaz européens stagnent à environ 30 % de leur capacité après un hiver brutal.
Pour les ménages et les entreprises britanniques, la douleur est déjà tangible :
- Le prix de l'essence a augmenté de 14 pence par litre (environ 10 %)
- Le diesel a augmenté de 29 pence par litre (environ 20 %)
- Le plafonnement des prix de l'énergie devrait bondir de 20 %
- Les factures d'électricité des entreprises ont grimpé entre 10 % et 30 %
- Les contrats de gaz dans certains secteurs ont bondi jusqu'à 80 %
- Les coûts de fabrication au Royaume-Uni ont atteint leur plus haut niveau depuis 1992 selon les données PMI
Les retombées mondiales
La misère britannique est partagée, même si personne d'autre ne souffre aussi durement. La croissance du PIB mondial devrait passer de 3,3 % en 2025 à 2,9 % en 2026. Le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol, a décrit la situation comme pire que les chocs pétroliers de 1973 et 1979 et la crise du gaz en Ukraine de 2022 combinés. Ce n'est pas une comparaison que quiconque voulait entendre.
L'OCDE a noté qu'avant que le conflit n'éclate le 28 février, l'économie mondiale était en bonne voie pour une révision à la hausse de 0,3 point de pourcentage. Cet optimisme a été totalement balayé.
Quelle est la suite ?
Pour le Royaume-Uni, les baisses de taux de la Banque d'Angleterre précédemment anticipées sont désormais fermement exclues. Des hausses de taux sont au contraire évoquées. Les coûts d'emprunt du gouvernement ont bondi de plus de 80 points de base, et l'OCDE a souligné le double coup dur provenant à la fois du resserrement budgétaire national et du choc énergétique externe.
Le gouvernement a réagi avec des mesures d'urgence, notamment l'installation obligatoire de panneaux solaires et de pompes à chaleur dans les nouvelles constructions. La question de savoir si cela offre une consolation à ceux qui font le plein de leur voiture cette semaine est une tout autre affaire. Les prévisionnistes indépendants de Barclays, KPMG, Oxford Economics et Pantheon Macroeconomics corroborent largement l'évaluation sombre de l'OCDE, avec des estimations allant de 0,4 % à 0,7 % de croissance.
Le consensus est clair : attachez vos ceintures. L'année sera coûteuse.
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