Jouer avec le feu : pourquoi cibler le réseau énergétique iranien est une erreur stratégique
Un dangereux jeu d'imitation
Dans le monde des conflits internationaux, il existe une sinistre prévisibilité dans les tactiques employées par les dirigeants lorsqu'ils sont à court d'options sensées. Benjamin Netanyahu, dans son dernier pivot stratégique, semble copier directement la méthode de Vladimir Poutine. En ciblant les infrastructures énergétiques critiques de l'Iran, et plus précisément le champ gazier de South Pars, Israël reproduit la stratégie russe consistant à tenter de faire plier une nation en la privant de ressources.
C'est une manœuvre qui ressemble moins à un coup de maître militaire qu'à une tentative désespérée de forcer un changement de comportement à Téhéran. Malheureusement, si l'histoire peut servir de juge, cela finit rarement par une résolution propre.
Pourquoi les attaques contre les infrastructures échouent
Soyons clairs : bombarder des réseaux énergétiques n'est pas une frappe de précision contre les dirigeants d'un régime. C'est une attaque contre la population civile. Lorsque vous détruisez l'approvisionnement en électricité ou en gaz d'un pays, vous ne vous contentez pas de gêner l'élite dans ses tours d'ivoire. Vous rendez la vie misérable à une personne ordinaire qui essaie simplement de chauffer son logement ou d'allumer ses lumières.
Poutine a tenté cela en Ukraine, et cela n'a pas mené à une reddition rapide. Au lieu de cela, cela a renforcé la détermination et galvanisé une population contre l'agresseur. Netanyahu semble parier sur un résultat différent, mais rien ne laisse penser que les citoyens iraniens réagiront différemment en voyant leurs besoins fondamentaux supprimés par une puissance étrangère.
Les retombées économiques
Depuis le Royaume-Uni, nous savons pertinemment à quel point les marchés mondiaux de l'énergie sont fragiles. Lorsque les principaux producteurs de gaz sont touchés par un conflit, les répercussions se font sentir jusque sur nos tables de cuisine. Les prix mondiaux de l'énergie sont notoirement sensibles à l'instabilité au Moyen-Orient. En intensifiant le conflit pour y inclure les infrastructures industrielles, le risque d'une hausse massive des prix n'est pas seulement une possibilité, c'est une probabilité.
Pour une économie britannique qui tente encore de se remettre de l'inflation, la dernière chose dont nous avons besoin est une nouvelle vague de volatilité des prix de l'énergie. Ce n'est pas seulement un problème régional, c'est un casse-tête économique mondial en devenir.
Une impasse stratégique
Il existe un malentendu fondamental au cœur de cette stratégie. Croire que la destruction de la capacité énergétique d'une nation mènera à un effondrement interne ignore la manière dont les régimes fonctionnent réellement. Les gouvernements oppressifs sont remarquablement habiles à prioriser leur propre survie et à détourner les ressources restantes vers leur appareil de sécurité. Pendant ce temps, la population générale en subit les conséquences.
C'est une tactique qui manque de clairvoyance. Elle offre une gratification visuelle à court terme pour un public national tout en créant des cauchemars stratégiques à long terme. C'est un pari qui risque de transformer une impasse régionale en une catastrophe plus large et plus prolongée.
Le verdict
La décision de Netanyahu d'imiter les tactiques utilisées dans la guerre russo-ukrainienne n'est pas seulement moralement discutable, elle est stratégiquement creuse. L'histoire suggère que cibler les infrastructures civiles ne met pas les régimes à genoux. Cela garantit simplement que, lorsque la poussière retombera, vous aurez affaire à une population qui a encore plus de raisons de vous mépriser.
Nous devrions chercher la désescalade, et non copier les pires tactiques de la guerre moderne. Si nous voulons la stabilité, c'est exactement la mauvaise voie à suivre.
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