Chaussures perdues, athlètes au tapis et sacre belge : le début chaotique du relais mixte 4x400m

Chaussures perdues, athlètes au tapis et sacre belge : le début chaotique du relais mixte 4x400m

Eh bien, ça a vite dégénéré

Si World Athletics voulait des débuts spectaculaires pour le relais mixte 4x400m aux Championnats du monde en salle, ils ont été servis. La Belgique a décroché l'or à Toruń, en Pologne, en signant un temps canon de 3:15.60, mais le véritable sujet était le carnage absolu qui se déroulait derrière eux.

Des chaussures qui volent. Des athlètes étalés sur la piste. Une disqualification. Des commentateurs réduits à des exclamations laconiques. Bienvenue au tout premier relais mixte 4x400m de l'histoire des Championnats du monde d'athlétisme en salle.

Que s'est-il passé exactement ?

Le chaos a éclaté dès le tout premier passage de témoin. Le Jamaïcain Delano Kennedy a tendu le bras directement devant l'Américain Jevon O'Bryant, provoquant une collision qui a envoyé l'Américaine Sara Reifenrath au tapis. Elle a perdu une chaussure dans l'action et, avec elle, tout espoir réaliste de médaille. La Néerlandaise Myrte Van Der Schoot a également été prise dans la tourmente. Deux favoris de la course ont été pratiquement éliminés avant même que le deuxième relais ne soit réellement entamé.

La Jamaïque a par la suite été disqualifiée pour un passage de témoin illégal, alors qu'ils avaient initialement franchi la ligne en troisième position en 3:17.13. C'est le genre de scénario qui pousse à se demander si entasser huit équipes sur des couloirs étroits en salle pour un relais était vraiment une bonne idée.

Le chef-d'œuvre doré de la Belgique

Alors que la concurrence ressemblait à un épisode particulièrement agressif de Total Wipeout, la Belgique a réalisé une course magnifiquement maîtrisée. L'équipe composée de Jonathan Sacoor, Ilana Hanssens, Julien Watrin et Helena Ponette a exécuté son plan avec une précision clinique.

Sacoor a donné le ton avec un premier relais en 46.16, avant que Watrin ne livre un temps fulgurant de 46.11 lors du troisième passage. Ponette a conclu en 51.15 pour ramener la victoire confortablement. Leur chrono de 3:15.60 constitue le meilleur temps en salle jamais enregistré pour cette épreuve, améliorant de 0.03 seconde l'ancien record détenu par les Pays-Bas.

Notons que la Belgique a réussi cet exploit sans Alexander Doom, mis au repos avant la finale du 4x400m masculin ce dimanche. Une telle profondeur d'effectif est vraiment impressionnante.

"Nous savions que ce serait une course très difficile... nous avions un plan, nous nous y sommes tenus et cela a bien fonctionné." - Jonathan Sacoor

Le remaniement du podium

L'Espagne a décroché l'argent en 3:16.96, grâce à un superbe dernier relais de Blanca Hervas en 51.06. La Pologne a profité de la disqualification de la Jamaïque pour monter sur la troisième marche du podium avec un temps de 3:17.44. Leur dernière relayeuse, Justyna Święty-Ersetic, a livré un effort courageux de 50.94 sans réaliser initialement qu'une médaille lui tendait les bras.

"À l'arrivée, j'étais vraiment triste. Quand je suis sortie de la piste, j'ai entendu les encouragements... J'ai fondu en larmes." - Justyna Święty-Ersetic, en apprenant sa médaille de bronze

Les Pays-Bas, grands favoris, ont terminé à une décevante quatrième place en 3:20.14. Les États-Unis ont fini cinquièmes en 3:21.35, un résultat qui illustre parfaitement l'impact de cette collision au premier relais.

Cet événement a-t-il un avenir en salle ?

Voici la question qui fâche. Les pistes indoor de 200 mètres sont étroites. Ajouter des passages de témoin pour huit équipes dans ces conditions est, pour rester diplomate, ambitieux. Le relais mixte 4x400m n'a été ajouté comme discipline officielle en salle qu'en mars 2025, faisant de cette compétition sa toute première apparition au niveau des championnats.

Une seule sortie. Un énorme carambolage. Il existe déjà des rumeurs sur la nécessité de revoir l'avenir de cette épreuve en salle. On peut apprécier l'attrait d'ajouter des formats de relais excitants au programme, mais pas si les athlètes se font faucher avant même d'avoir commencé à courir.

Le verdict

La Belgique a été brillante, et leur médaille d'or est amplement méritée. C'était leur septième médaille d'or aux championnats du monde en salle de leur histoire. Mais l'épreuve elle-même a laissé plus de questions que de réponses. Si elle revient en salle, quelque chose doit changer, qu'il s'agisse de réduire le nombre d'équipes, d'échelonner les passages ou d'élargir les couloirs. Sinon, nous assisterons au même chaos tous les deux ans, ce qui est peut-être divertissant à regarder, mais difficilement justifiable pour les athlètes impliqués.

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Written by

Daniel Benson

Writer, editor, and the entire staff of SignalDaily. Spent years in tech before deciding the news needed fewer press releases and more straight talk. Covers AI, technology, sport and world events — always with context, sometimes with sarcasm. No ads, no paywalls, no patience for clickbait. Based in the UK.